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Drapo la Rényon

 

Dimanche 30 mars 2008
Koman y lé zot' tout' ???

Si si Annick, mwin lé la !!! Inn' gros' pan' lavé mèt amwin sir lo koté. Astèr lé réparé.
Azordi ma montr' azot ousa Bordo y lé dan lo mond.
Kan zot y lé dan Bordo, alé a la Plas' Gambetta. Terla minm zot y sa war sa...
Oui oui Annick, je suis là !!! Une grosse panne m'avait mis de côté. Maintenant c'est réparé.
Aujourd'hui je vais vous montrer où Bordeaux se trouve dans le Monde.
Quand vous êtes à Bordeaux, allez Place Gambetta. Là vous allez voir ce qui suit...

























Si nou té y tourn' in pé na dot' vil
Si on tourne une peu il y a d'autres villes

























é ankor
et encore

























Si zot y agard' byin, anfin sa'd lé d'Bordo, zot y sa war k'band' kapital la lé jimelé ek Bordo.
Si vous regardez bien, enfin ceux qui sont de Bordeaux, vous verrez que ces capitales sont jumelées avec la ville de Bordeaux.

Ousa y lé la Rényon ????

Ni artrouv',

Moukatali
publié dans : Aktialité la Métropol
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Dimanche 3 février 2008

Ti Jacques

Ti Jacques, c’est un grand enfant lui !! Il a neuf ans. Sa peau est brune couleur tamarin, pas comme ses yeux, qui sont bleus comme l’Océan Indien. Quand vous le regardez, vous comprenez pourquoi la Réunion se nomme ainsi. Le brassage de la population a donné, sur la petite surface que représente cette île, toutes sortes de mélanges que, d’habitude, vous trouvez un petit peu partout dans le monde.

Vous savez pourquoi Ti Jacques s’appelle ainsi ?

Ce n’est pas difficile. Le jour ou sa mère l’a mis au monde, toute la famille était en train de manger un bon cari de Jacques.

Maintenant, allons nous inviter dans sa maison.

Pour la trouver il faut aller chercher du côté de Petite-Ile. Un chemin monte à travers les cannes à sucre en direction de la Ravine du Pont. Quand vous voyez un gros néflier, tournez à gauche et vous y serez.

Une tôle rouge recouvre la maison. A l’intérieur il y a quatre pièces. C’est simple mais on y trouve le nécessaire. La chambre des adultes avec une grande natte, deux chambres pour leurs quatre enfants avec des lits piquets (lits fiché en terre par quatre piquets avec une paillasse en toile de jute), le salon pour recevoir les invités avec six chaises du Gol (le Gol est une ville de la Réunion, et ses chaises comprenaient des motifs de bois d’un certain type), une table à manger et une table basse. La cuisine est à l’extérieur de la maison. Sur l’arrière il y a aussi un boucan (petite pièce non accolée à la maison permettant de boucaner, fumer les viandes) avec son ensemble de marmites. C’est simple, mais ce qui sort de là est très appétissant.

Les toilettes –c’est quand même important ces choses là- sont sur le côté. Une fosse de trois mètres sur laquelle sont disposées quatre cinq planches, avec un trou au milieu, trois feuilles de tôle, une porte avec un toit pour couronner le tout. C’est pratique et économique.

Sur l’avant de la maison, des fleurs mettent en valeur la terre. Il y a des lanternes, du safran sauvage, des trompettes d’or, des lianes poc-poc par ci, des mazambrons sauvages par là.

A l’arrière, il y a toutes sortes de comdiments avec des légumes : des chouchous (ou chayotes), des songes, des tomates et surtout de l’ail blanc. On trouve aussi des barbadines, goyaves, goyaviers (considérée comme peste sauvage), un petit pied de letchis, de mangues, de papayes et huit neuf pieds d’ananas.

Dans le fond, un cochon est en train d’engraisser tandis qu’une dizaine de volailles caquettent bruyamment.  C’est ça la maison de Ti Jacques.

Allons voir maintenant sa famille.

Son père, Serge, un beau cafre (homme de type africain), travail dans les champs de cannes dix heures par jour. C’est pour cela qu’il est mince comme un bout de bois. Seulement, il ne faut pas le chercher, car ce bout de bois là rend bien les coups. Ce n’est pas facile de gagner de l’argent. Le soir, quand il rentre dans sa maison, il est fier de trouver son petit bout de femme.

Marie-Josie, elle aussi est une cafrine. Ses cheveux sont longs, soyeux et parfumés. Son corps est comme celui de son mari. Sec, ferme aussi. Il n’y a que son ventre qui ne l’est plus trop. Normal, quatre enfants ça laisse quand même des traces.

Elle ne travaille pas. Enfin, elle ne travaille pas dans une exploitation ou une administration, amis dans sa maison il y a de quoi faire quand même. Et pas qu’un peu, je vous le dis !!! Le temps passe quand il s’agit de s’occuper de ses quatre enfants. De bonne heure, avant que tout le monde se lève, elle prépare le repas pour son mari. Ce qu’il préfère ? du riz chauffé avec un œuf dessus sans oublier ses piments oiseaux qu’il va cueillir lui-même dans son champs.

Les enfants se lèvent après.

Augustin est arrivé le premier dans la famille. Avec ses seize ans, il va aider son père dans les cannes. Il ne veut pas faire d’études. Il veut ressembler à son père. Rapide dans les mouvements pour couper la canne, costaud pour la porter, et puis travailleur pour, surtout, économiser comme lui. Il est vrai que son père ne va pas perdre tout ce qu’il a gagné dans la boisson, comme ses amis. Il connaît même une personne qui a perdu sa maison à force de parier dans les combats de coq. Non, non, résolument, il veut amasser un petit pactole pour vivre sans soucis, et ne pas finir dans la rue. Il veut devenir quelqu’un, Augustin.

A treize ans, sa sœur, Mimoz, va encore à l’école. Faire comme Augustin ? Pas question !!! Elle veut être institutrice. Parler le français, avoir deux mois de grandes vacances, de l’argent pour voyager, c’est ce que sa maîtresse fait, c’est ça qu’elle veut faire.

Seulement, quand elle rentre à sa maison, elle a tous ses devoirs à faire. Aussi, il ne faut pas demander comment on écrit ceci en français, comment on calcule cela en mathématiques. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas mais ils n’ont pas fait d’études comme elle. Ce n’était pas obligatoire à l’époque. Ensuite il faut aider sa mère. Prendre le linge, le repasser avec le fer à repasser, préparer le repas… Jusqu’à présent elle arrive à tout faire. Vous savez, ce n’est pas facile pour un petit bout de femme comme elle !!! Mais, vous savez, ce que femme veut, femme obtient.

José, a dix ans, va à l’école. Seulement l’école il l’aime à midi et le soir quand il sort. Les professeurs veulent lui apprendre l’histoire d’autrefois. Pourquoi doit-on apprendre ça alors que c’est passé, c’est fini hein ???  Quand j’ai commencé à marcher, ma famille été contente, mais les gens de Saint-Pierre, Saint-Denis ou même Paris, s’en moquaient non ? Alors pourquoi l’histoire existe ? La Révolution, c’est fait, c’est fini !!! La découverte de la Réunion c’est fait aussi !!! Louis XIV est né en 1638, et moi, je suis né en 1997, et alors ? Ca intéresse les gens ça ? ta ta ta !!!

A quoi cela sert de parler le français alors que nous parlons le créole partout dans l’île ? C’est plus facile. Est-ce qu’en métropole ils apprennent le créole réunionnais ? C’est nul tout ça… Non, moi je parle le créole, je n’aime pas l’école, mais je suis obligé d’y aller. Mais quand j’aurai l’âge d’Augustin, j’irai dans les cannes comme lui.

Comme vous le voyez il fait sa révolution, quand même, à sa façon.

Sept heures. Ti Jacques se lève tellement vite qu’il a failli avoir un étourdissement. Aujourd’hui c’est dimanche. Il est content car toute sa famille va se promener. Sa mère n’a pas eu besoin de le réveiller tellement il était excité. Il y avait longtemps qu’il attendait ça. A ses côtés, José ronflait comme un bœuf. Ti Jacques le regarde. Sa bouche est ouverte. Il pense malicieusement que si un cancrelat passait par là il croirait que ce serait sa maison.

Ti Jacques s’approche de l’oreille de son frère et dit doucement « Hé, José, lève toi, l’heure de l’école est arrivée »

José, que le sommeil écrase encore, lui répond : « Laisse-moi, le professeur m’attendra bien !!! », et il tire sa couverture sur lui.

« Justement, il est là avec maman maintenant » répond Ti Jacques.

José, comme un ressort, a sauté par-dessus son lit, a mis ses tongs pour vite aller se laver la figure dans la cuisine. Arrivé là-bas, il voit son père qui le regarde.

« Que se passe-t’il ? Un moustique t’a piqué ? », et il éclate de rire.

José a compris, mais trop tard. Il répète souvent qu’un jour lui aussi il rendra la monnaie de sa pièce à Ti Jacques. Seulement, il a trop la paresse de se lever avant lui.

Avec tout ce bruit, Mimoz et Augustin se sont réveillés. Dehors, la chaleur commence à se faire sentir, aussi on va aller dans les hauts (de l’île).

Ce que Ti Jacques aime par-dessus tout :  la nature. Plus tard il veut être ornithologue.

Le soir quand le soleil se couche, il regarde les geckos (lézard vivant dans les habitations faisant office de chasseurs d’insectes) dans sa maison essayant d’attraper les papillons de nuit sur le plafond. Le gecko s’approche, rapidement, puis stoppe net. Il attend un peu et il recommence, rapidement puis il s’arrête. Il se met en position pour attraper l’insecte. Soudain, il baisse sa tête, son pas devient très lent. Il ne bouge plus. En un éclair il attrape le papillon. Les ailes dépassent de la gueule du gecko, et ses yeux se ferment pendant qu’il mange. Mais ce que Ti Jacques aime c’est le chant que le mâle fait pour attirer la femelle. C’est comme si quelqu’un tapait avec deux galets.

Un jour il a trouvé cinq œufs dans la serrure d’une porte. Avec précaution, il les avait pris, les avait mis dans une boîte en fer blanc qu’il avait trouée avant ça. A l’intérieur, il avait mis de l’herbe. Sur cinq, trois sont nés. Aussitôt, le soir, il les a fait sortir. Maintenant une famille supplémentaire vivait dans sa maison.

Dans la cuisine, une bonne odeur d’ambrocales (riz et haricots au safran) flottait dans l’air. Serge préparait un rougail piments. Ca réveillerait un mort ça… Ce piment là, sur une échelle de dix, la force serait de vingt !!!  Maman prépare aussi un carry de saucisses pays (saucisses fumées). C’est un jour de fête ça.

Elle a préparé deux tantes (sacs en feuilles tressées). La grande pour mettre la nourriture, la petite, pour les assiettes et les fourchettes et la nappe brodée. Ca se sont les parents qui le prennent. Les enfants ont chacun leur soubique (sac à dos en feuilles tressées).

Tantes, soubiques, c’est elle qui les a faites. Elle se débrouille bien. Si un jour l’argent venait à manquer, elle pourrait ouvrir une boutique. Sa sœur, du côté de Saint-Philippe, a beaucoup de Vacoa. Si Marie-Josie en a besoin, elle demande. Ca a toujours été ainsi. L’entraide et la débrouille arrange tout le monde.

Huit heures. Toute la famille a pris son petit déjeuner. Comme c’est un peu loin, on prend un bus jaune pour monter à la Plaine des Grègues. C’est très rare pour nous, aussi nous sommes contents.

Sur le chemin, Ti Jacques aime voir les champs de vétiver, géranium et safran pays, enfin, le curcuma si vous préférez. Les deux premiers sont utilisés dans les bases de parfums que nous n’arriverons jamais à nous acheter, quand au safran, on l’utilise souvent dans les carry. Mais quand on tousse, maman nous en met en cataplasme sur la poitrine. C’est la médecine d’autrefois ça.

Arrivé sur place, l’air est plus frais. Nous marchons un peu pour aller du côté de la Rivière des Remparts. Une petite brise nous accueille. La vue vaut le coup d’œil. Augustin, José et Mimoz posent leurs soubiques pour s’amuser.

Ti Jacques est plus calme. Il commence à regarder dans les arbres. Un groupe de Bec-roses est en train de chanter. C’est doux à écouter. Seulement ils se déplacent rapidement. Plus haut, un Cardinal mal est là, avec sa robe rouge éclatante. Il appelle sa femelle, brun verdâtre, avec une longue trille (son chant). Plus loin il voit Serge et Marie-Josie en train de poser la nappe. Le dimanche est un jour pour se retrouver.  Remarquez, nous ne sommes pas tout seuls. Un couple est arrivé avec une vieille petite voiture. Il n’arrête pas de s’embrasser. Hé ho, pense Ti Jacques, il y a des enfants ici. Allez faire ça dans votre maison. Vous pouvez vous aimer sans faire une démonstration.

Ti Jacques monte un peu plus haut car il entend un petit ruisseau couler non loin de là. Il sait que là il y a des chevaquines (crevettes).  Mais essayez de les attraper !!! Ce sont de vraies fusées sous-marines ça. A peine vous en voyez une qu’elle n’est plus là. Au moins une chose est sûre, tant qu’il y aura des chevaquines il n’y aura pas de pollution comme dans les Bas (de l’île). La pollution. Ca Ti Jacques n’aime pas. Il ne comprend pas les adultes. Dans sa famille on a toujours appris à mettre les déchets dans une poubelle !!! Pourquoi ailleurs on ne le fait pas ?

Quand vous vous promenez dans la forêt, il y a des sacs plastiques, quand vous allez au bord de l’océan, il y a des sacs plastiques, des papiers gras et totu ce que l’homme peut y amener. On trouve même des voitures cassées ou des réfrigérateurs dans les ravines (lits de rivières secs qui se remplissent à la saison des pluies). Ce n’est pas normal ça. Comment vous voulez vivre dans une petite île si tout le monde la transforme en poubelle ? Après on dit, c’est sale ici, n’y allez pas, allez plutôt de ce côté-là.

La contradiction, c’est ça le propre de l’homme.

« Ti Jacques, ti Jacques, viens donc, allons manger !!! »

C’était sa mère qui l’appelait. Justement, son ventre commençait à crier famine. Il commence à descendre à côté de l’endroit où son repas l’attendait, quand le son de la musique l’attira. Sur la gauche il y avait neuf lycéens qui étaient en train de jouer du maloya. L’un avait un « rouleur », l’autre un « cayamb », une fille avait un « triangle » et un quatrième joué au « piqueur ». Les autres dansaient. Ca ça met l’ambiance ça, pense Ti Jacques. Il aime entendre cette musique lancinante. Son professeur lui a dit qu’au temps des esclaves, ceux-ci jouaient du maloya tard le soir pour oublier la fatigue de la journée. Ca amusait les propriétaires blancs. Il y a même des esclaves qui étaient plus intelligents encore. Pendant que les gens jouaient du maloya, ils faisaient de la lutte en dansant. On appelait ça la moringue. A l’époque c’était strictement  interdit. Vous pensez !!! Apprendre à combattre alors qu’ils ne sont que des animaux ? Inimaginable !!! C’est pour cela qu’ils en profitaient pour le faire en dansant. Plus tard ils s’en sont servis pour lutter. Une date est restée : le vingt décembre.

Arrivés avec son père et sa mère, ti Jacques s’assieds. Augustin, Mimoz et José ont déjà commencé. Une chose est sûre, si José apprenait aussi bien qu’il était en train de manger, c’est sûr il serait le premier. Je ne sais pas comment son estomac est fait, mais je peux vous dire qu’il y a de la place. Pourtant il n’est pas gros. Maman dit que c’est la croissance. Un ventre sur pattes je vous dis moi !!!

Dans le plat il y a du riz blanc. Ca se mangerait pur tellement c’est bon ça. Deux autres plats sont posés à côté , un avec des ambrocales, l’autre avec du carry de saucisses. Ah les saucisses fumées !! C’est bon ça !!! Maman prend du temps pour le faire, mais vous savez, trois heures pour le préparer, trois minutes pour l’avaler.

Pendant que nous mangeons, l’ambiance d’à-côté monte. Des personnes ce sont rassemblées pour regarder les joueurs. Il y a même deux trois personnes qui dansent. En métropole on ne trouve pas ça. Papa et maman en profitent. Ils rigolent bien. C’est rare de les voir comme ça, réunis. Aujourd’hui c’est une journée de détente.

 

Ti  Jacques aperçoit, haut dans le ciel, un oiseau tout blanc avec sa longue plume sur le derrière. Du premier coup d’œil il reconnaît un paille-en-queue. Ils font leur nid dans les falaises sur le bord de la mer. Ce n’est pas souvent qu’on en trouve un à l’intérieur des terres comme ça. Il y a même certaines fois où on le trouve dans les cirques de Salazie, Mafate ou Cilaos. Autrefois il était vraiment très pourchassé, mais maintenant c’est une espèce protégée.

Ti Jacques n’aime pas la chasse. Aussi il est content quand une espèce d’animaux devient protégée. C’est comme le tang (espèce de hérisson). Quand je pense que les gens le mangent. Pourtant il chasse les escargots et les insectes. C’est sûr que si vous envoyez un chien pour l’attraper c’est plus facile. Enfin, la vie est ainsi faite. Jusqu’à cinq heures de l’après-midi on a joué. Tout y est passé. On a joué aux billes, aux capsules. Avec les noyaux des letchis on a fait des toupies. Après, on s’est caché dans les bois. La journée est vite passée.

Papa et maman nous appelle pour qu’on les aide à ranger toutes les affaires. Ca y est. On est prêt. Chacun prend qui sa tante, qui sa soubique. Nous descendons pour aller dans le bus jaune. Arrivé à la maison, sur le coup de cinq heures trente, le soleil commence à faiblir. Il entame sa descente dans l’océan pour laisser place à la lune.

Six heures. Dehors la nuit est noire. Mais quand je dis noire, c’est vraiment noire. On n’y voit plus rien. En revanche si vous regardez dans le ciel, là le spectacle est superbe. Les étoiles illuminent le ciel. Souvent , le soir, Mimoz, José, Augustin et moi le regardons. Comme nous n’avons pas la télévision, on imagine beaucoup de choses. Des hommes de l’espace, des voyageurs. Le rêve fait vivre.

« Les enfants, les enfants, allez au lit !!! » crie maman.

Nous nous levons tous ensemble pour aller le plus rapidement  embrasser nos parents. Augustin et Mimoz vont dans leur chambre. Tous deux se chamaillent un peu et puis plus rien.
José et moi faisons de même. Sitôt couché je demande à José :

« C’était une superbe journée, non ??? »

Il me répond :

« C’est vrai. Il y a longtemps que je ne m’étais pas amusé comme ça ! »

« Pourvu que dimanche prochain on se promène de nouveau ? Bonne nuit José ! »

« Bonne nuit Jacques »

 

De bon matin, six heures exactement, maman nous réveille. Vous savez, depuis au moins cinq heures elle est levée pour arrangé ses cheveux avec du parfum dessus. Ce parfum là est délicat. Dehors il fait froid. Le soleil montre son nez. Il a fini de se cacher avec la lune. Ce que nous aimons le matin c’est le riz sosso (riz cuit dans beaucoup d’eau). C’est délicieux ça !!!

Nous préparons nos soubiques. Deux trois cahiers, un stylo, un crayon papier et le repas. Heureusement notre terrain donne des fruits et des légumes.

A sept heures nous allons à l’école.  En sortant de la maison, nous longeons un champs de cannes. Il y a des copains qui travaillent avec leurs parents pour gagner beaucoup d’argent. Ca, nos parents ne le veulent pas. Ils ont souffert quand ils étaient jeunes, aussi, ils ne veulent pas nous faire revivre tout cela.  Ils nous disent, tout le monde peut utiliser ses bras et ses jambes pour travailler. Mais si la tête est vide, vous n’arriverez pas à aller plus haut. Vous resterez toujours dans les champs.

Au loin, devant l’école, les enfants chahutent. Il y a toujours des groupes. Les garçons d’un côté, les filles de l’autre.

Il y a des garçons qui se retrouvent comme si cela faisait longtemps qu’ils s’étaient quittés. D’autres montrent leurs muscles pour faire le beau. D’autres encore vont voir les pionnes. Toujours les mêmes dans les jupons. Les filles quant à elles montrent leurs dentelles que leurs mères leur ont achetées le samedi. Elles racontent ce qu’elles ont fait ces deux derniers jours. Certaines sont allées dans les Hauts pour se rafraîchir, d’autres ont vu leurs petits copains, d’autres encore sont restées dans leur maison… pour aider leurs parents, la majorité sont dans ce cas.

Sept heures et demie, la cloche sonne. Tous les élèves sont là mais les paroles cessent d’un coup. Seuls les Martins (oiseaux de la taille d’un merle) sont en train de chamailler.

Pourquoi ce silence ? Vous vous demandez pourquoi ? Je vais vous le dire. Il n’y a qu’un seul moment ou tout bruit s’arrête. Un homme, sans parler, arrive à calmer toute l’école. Monsieur le Directeur. C’est un homme respecté ça. Quand il parle il est ferme.

Nous nous sommes les élèves des professeurs, mais les professeurs sont les élèves du Directeur. Aujourd’hui il est là pour voir si tout est normal. Il nous regarde sans parler, les bras croisés. Les élèves se mettent en rang par classe. Le professeur vient nous chercher. Chacun rentre dans sa classe. Monsieur le Directeur, toujours sans parler, rentre dans son bureau.

La matinée est passée. A onze heures et demie beaucoup d’enfants vont à la cantine, certains vont manger sous le préau ce que leurs parents leur ont préparé et seulement deux ou trois vont manger à leur maison.
José, Mimoz et Ti Jacques vont sous le préau. Ils mangent ce que leur maman leur a préparé. Elle a mis dans une boîte en fer blanc des ambrocales avec du riz. De plus, sur le côté, il y a le fameux rougail piment. Ici, à la Réunion, les enfants, depuis qu’ils sont petits, sont habitués. Mais donnez ça à un zoreil (métropolitain) !!! Une seconde plus tard, soit il tombe raide, soit il a bu tout l’étang de Saint-Paul. Pour le dessert, maman a fait un gâteau de patates. Ca tient bien l’estomac comme elle dit jusqu’à tard le soir, et ça, je vous le dit, c’est vrai.

A 13h30, les cours reprennent jusqu’à 16h30. Ce que nous faisons est vraiment intéressant, mais quand même, l’après-midi, la chaleur nous écrase. En plus qu’on est en pleine digestion. Alors il ne faut pas trop nous en demander. Il y en a même, sur le coup de 14h, qui ont les yeux fermés. Alors, de temps en temps, quand il n’y a pas d’abeilles pour nous distraire, on voit un bout de craie qui est en train de voler à travers la classe. L’enfant qui reçoit ça saute sur place et tout le monde éclate de rire.

Le soir, quand nous rentrons à la maison, on est fatigué de notre journée. Mais on est content de se retrouver dehors, on s’amuse avec nos copains, on court partout. Sur le chemin il y a un nèflier dans le virage. On en profite pour en prendre deux ou trois, ce qui ne plaît pas au propriétaire qui a mis sur son terrain une pancarte :

« Les personnes qui cueillent (sans autorisation) les plombs les cueilleront aussi »

Mais tout le monde ici sait que le propriétaire qui habite là n’a pas de fusil. Enfin, on fait quand même attention, et, à tour de rôle, il y en a un qui surveille s’il ne sort pas.

Arrivé chez nous, nous embrassons notre mère. Ensuite nous allons faire nos devoirs. Serge n’est pas encore là. C’est pour cela que Marie-Josée prépare tout afin qu’il se repose.

C’est ça mon quotidien, ma vie, et j’aime ça. Plus tard, que je serai grand, je raconterai cette histoire à mes enfants. J’espère que leur enfance sera aussi joyeuse que la nôtre. On est pauvre, c’est vrai, mais on arrive à nous amuser avec rien. Vous voyez, chacun envie toujours la personne qui possède des choses plus belles, plus luxueuses que ce qu’elle a. Que vous soyez en bas ou en haut de l’échelle c’est pareil. Alors, un conseil, ne vous compliquez pas, restez naturel. Le monde matériel n’est qu’une façade. Le plus important c’est ce que vous avez dans votre tête et dans votre cœur.

 

Ni artrouv',

Moukatali

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Dimanche 6 janvier 2008

Koman y lé zot tout' ???

Pou komansé mi swèt azot tout' in bon lané démilwit'. Kèl y don' azot santé, bonèr é prospérité (ek in bon pé d'kozman kréol).

Pour commencer je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année 2008. Qu'elle vous apporte santé, bonheur et prospérité (avec beaucoup de parler créole).

Alé, pou komans an boté (mon sovi y sa gonflé), mi mèt an lijn in ti listwar k'mwin lavé ékri an démilsink pou lo konkour Langkréol. Mwin la pa été retenu, mé bon, mwin la partisipé inn' fwa pou war, sa minm lesansièl !!!

Allez, pour commencer en beauté (mes chevilles vont gonfler), je mets en ligne une petite histoire que j'avais écrite en 2005 pour le concours Langkréol. Je n'ai pas été retenu, mais bon, j'ai participé une fois pour voir, c'est l'essentiel !!!

Mi prévyin azot, lé inn' listwar simpl... alé, kritik amwin, na pa d'problinm' !!! Lé fé poursa in blog, héhéhé !!!

Je vous préviens, c'est une histoire simple... allez, critiquez-moi, il n'y a pas de problèmes !!! C'est fait pour ça un blog, héhéhé !!!

Ti Jak

 

Ti Jak, sa in gran marmay sa !! Lu la nèvan. Son po lé brin’ koulèr tamarin, pa kom son zié, k’lé blé kom loséan Indyin. Kan ou agard ali, ou konpran akoz la Rénion y apèl komsa minm. Lo brasaz de la populasion la doné, sir inn tite sirfas ke lile y arprézante, tout’ sort' de mélanz ke, dabitide, ou ginll trouv' in ti pé partou dan le Mond'.

Zot y koné akoz Ti Jak y apèl insi ?

Lé pa difisil. Le jour ou son moman la mèt ali o mond, tout la famiy lété antrinn do manz in bon kari ti jak.

 

Astèr, alon invit anou dan son kaz.

Pou trouv aèl y fo alé rod’ koté Tit Ile. In somin y mont a travèr kan' an direksyon de la Ravin’ du pont. Kan zot y vwa in bel bel pié de bibas, tourn min gos é zot la rivé.

In tol rouj y rokouv la kaz. Andan, na kat piès. Lé sinp mé ni trouv lo nésésèr.

La sanb zadilt ek in li é inn grand’ sézi, dé sanb pou zot kat marmay ek li piké, le salon pou rosovwar band zinvité ek sis sèz de gol, inn tab a manzé é inn tab milié.

La kuizin’ lé in pé an déor la kaz. Su larièr, na osi in boukan ek son band marmit. Lu lé sinp, mé sak y sort’ terla y aranz la bous.

Bann kabiné –lé kan minm inportan zafèr la- lé su lo koté. Inn fos do trwa mèt su lakèl lé dispozé kat sink plans, ek in trou o milié, trwa fèy tol, inn port ek in twa pou kouron le tou. Lé pratik é ékonomik.

Su le dovan de la kaz, bann flèr y mèt an valèr la tèr. Na de lantern’, safran maron, tronpèt dor, liane poc-poc parsi, mazambron maron parla.

A larièr, nana tout’ sort’ kondiman ek légum : chouchou, sonj, tomat’ é sirtou lay-blan. Y trouv’ aussi barbadine, goyav, goyavié, in ti pié de lètchi, do mang, in pié de papay ek wit nèf pié de zanana.

Dann fon, in koson lé po angrésé tandis' k’inn dizèn volay té y kakèt brwiyaman.

Sa minm la kaz ti Jak.

 

Alon vwar son famiy astèr.

Son papa, Serz, in bo kaf, y travay dan karo-de-kan’ dizèr par jour. Akoz sa mim lé sèk kom in bout’ do bwa. Somanké, fo pa rod' ali, akoz bout’ do bwa la y rand byin lo kou. Larzan lé pa fasil pou ginllé. Lo swar, kan li rant son lakaz, li lé fièr trouv son ti bou d’fanm.

Marizozi, el osi sét in kafrine. Son sové lé lon, swayé é parfimé. Son kor lé kom sad son mari. Sèk, ferm osi. Na k’son lestoma k’lé pi tro ferm. Normal, kat marmay y lès kan minm in tras.

El y travay pa. Anfin, el y travay pa dan in leksplwatasyon ou ladministrasyon, mé dan son lakaz nana pou fé kan minm. Et pa kin pé mi di azot !!! Ek marmay pou okipé, le tan y pas’. Gran matin, avan ke toulmoun y lèv, el y prépar lo manzé pou son mari. Sak li préfèr ? in ri sofé ek in lèf dési san oublié son band piman zwazo k’li sa prand lu minm dan son karo.  

Band’ marmay y lèv aprè.

Augustin la rivé lo promié dan la famiy. Ek sé sèzan, li sa èd’ son papa dann kane. Li vé pa fèr d’zétud. Li vé rosanb son papa. Rapid dan lé mouvman pou koup’ la kane, for pour port' aèl, épi travayèr pour, sirtou, ékonomizé komli. Lé vré ke son papa y sa pa perd’ tout’ sak li la ginllé dann la rak, kom son band dalon. Lu koné minm in boug k’la perd son kaz afors parié dann batay-kok. Non, non, rézoliman, li vé amas’ in ti paktol pou vivre san sousi, é pa finir dann la ri. Li vé dévénir kinkin.

A trèz an, son sèr, Mimoz, y sar ankor lékol. Fèr kom Augustin ? Pa kestyon !!!

 

El y vé èt instititris. Kozman fransé, dé mwa de grand’ vakans, gro larzan pou voyazé, sa minm son métrès y fé, sa minm èl y vé pou fé.

Solman, kan èl y arant son lakaz, èl nana tout’ son band leson pou fé. Osi, fo pa domand sé paran koman y ékri sesi an fransé, koman y kalkil sela an matématik. Lé pa ke zot y vé pa mé zot la pa fé d’zétid konm èl. Lété pa obligatwar a lépok. Aprè fo éd' son moman. Prand’ lo linz, ropas ali ek lo karo, préparé lo manzé… Ziska prézan el y ginlle fèr tout'. Oté, lé pa fasil pou in ti brin d’manzel !!! Mé, ou koné, kan fanm y vé, y ginlle.

Zozé, na dizan, y sar lékol. Solman lékol li inm sa a midi é le swar kan li sort’. Domoun y vé aprand ali zistwar lontan. Akoz nou té y dwa aprand sa, alor k’lé pasé, lé fini, hin ? Kan mwin la komans marsé, mon famiy lété kontan, mé domoun Sin Pièr, Sin Déni ou minm Pari, y anfouté, non ? Alor akoz y ekzist listwar ? La Révolisyon, lé fé, lé fini !!! Dékouvert' la Rénion, lé fé osi !!! Lwi Katorz lé né an 1638, é mwin, mwin lé né an 1997 é alor ? Y intérès domoun sa ? Ta ta ta !!!

A kwa y anserv kozé lo fransé alor ke nou té y koz kréol partou dan lil ? Lé pli fasil. An métropol, zot y apran le rénioné ? Lé mol tou sa… Non, amwin mi koz kréol, mi inm pa lékol, mé mwin lé oblizé vénir. Mé kan mwin lora laz d’Augustin, malé dann kan' kom li.

Kom zot y vwa, li fé son révolision, kan minm, a sa fason.

 

Sétèr. Ti Jak y dobout ali si viteman, ke la fayi ginlle sézisman. Zordi dimans. Lu lé kontan akoz tout’ la famiy y sa an parti. Son moman la pa i bézwin lèv ali tèlman lu lé eksité. Navé lontan k’li atandé sa. Akoté li, Zozé té y ronf' konm in bèf. Ti Jak y agard ali. Son bous lé ouvert’. Li pans malisièzeman ke si in kankrela y pasé par la, li krwaré ki seré son kaz.

Ti Jak y apros lo zorey de son frèr é di dousman : « Oté, Zozé, lèv aou, lèr lékol la soné !! »

Zozé, ke le somèy y kraz ankor, y répond’ : « Lès amwin, linstititèr y atandra byin amwin !!! », é lu tir son kouvert su li.

« Zistoman, lu lé la ek moman koméla » répon Ti Jak.

Zozé, kom in résor, la sot pardsi son li, la mèt son savat dé dwa pou alé lav' son figir vitman dan la kuizin’. Rivé laba, lu vwa son pèr té y agard ali.

« Kosa sa ? In moustik la pik aou ? », é li pèt a rir.

Zozé la konpri, mé tro tar. Lu répèt souvan kin zour li osi y sa rand la moné de sa piès a Ti Jak. Solman, lu la tro la parès pou lèv avan lu.

Ek tou lo brui, Mimoz é Augustin la révéyé. Déor, la salèr y komans pété, osi, nalé mont dan lé-o.

 

Sak ti Jak y inm pardsi tou : la natir. Pli tar li vé èt ornitolog.

Lo swar kan solèy y sava, li agard margouya dan son kaz antrinn ésèy trap band lay su lo plafon. Margouya y apros, vitman, pi li stop net. Li atan in pé é li rokomans, vitman pi li arèt ali. Y mèt ali an pozision pou trap linsèkt. Soudin, li bès son tèt, son pa y dévyin trè lan. Li bouj pu. An in léklèr li trap le papiyon. Band zèl y dépas la guèl lo margouya, é son zié y fèrm pandan k’li mange. Mé sak ti Jak y inm sé le chan ke lo mal y fé pou atir son fémèl. Lé komsi kelkin y tapé dé galé ansamb.

In zour li la trouv' sink zèf dann la sérir la port’. Ek prékosion, lu lavé trap azot, lavé mèt azot dan inn bwat an ferblan ke lu lavé troué avansa. Andan, lu lavé mi de zerb. Sir sink, trwa lavé ginlle nètr'. Osito, le swar, lu lavé fé sort azot. Astèr, in famiy siplémantèr y viv dan son lakaz.

 

Dan la kwizin’, in bon ti lodèr zanbrokal té y flot’ dan lèr. Serz y prépar in rougay piman. Y révèyré in mor oté. Piman la, la, su in léchèl de dis, la fors y feré vin !!!

Moman y prépar osi in ti cari sosis péi. Sa in jour de fèt minm sa.

El la préparé dé tant’. La grand’, pou mèt manzé, la tit’, pou band zasièt ek foursèt é la nap brodé. Sa, paran y sa prand. Band zanfan na chakinn son soubik.

Tant’, soubik, el minm la fé. El y débrouy aèl byin. Si in zour larzan y dovyin rar, el y poura rouvèr in boutik. Son sèr, koté Sin Filip, na bokou de vakwa. Si Marizozi la bézwin, el y domand. La toujour été komsa. Lantrèd é la débrouy y aranz toulmoun.

 

Witèr. Tout’ la famiy la manzé. Kom lé in pé lwin, nou té y prand in bis jon' pou mont' la Plèn dé Grèg. Lé tré rar pou nou, osi, nou lé éré.

Dan lo somin, Ti Jak y inm vwar lé chan de vétivèr, jéraniom épi safran péi, anfin, kirkima si zot y préfèr. Lé dé prémié lé utilizé pou mèt dan la baz de parfin ke nou y ginllera zamé asté, kant o safran, nou utiliz souvan ali dan kari. Mé, kan nou té y tous, moman y mèt an kataplasm su la pwatrin'. Sa médesin' lontan sa.

 

Arivé sir plas, lèr lé pli fré. Nou mars in pé pou alé koté la Rivièr dé Rampar. Inn ti briz y akèy anou. La vu y vo le koudèy. Augustin, Zozé é Mimoz y poz zot soubik pou amiz azot.

Ti Jak lé pli kalm. Li komans argard' dann zarbre. In group de Bek-roz lé antrin de santé. Lé dou pou ékouté. Sèlman zot y déplas’ vitman. Pli o, in Kardinal mal lé la, ek son rob rouj éklatant'. Li apèl son fémèl, brin verdatre, ek in lon triy (son chan).  

Pli lwin li vwa Serz é Marizozi  antrin d’poz la nap. Lo dimans lé inn zour pou artrouv anou. Remarké, nou lé pa tou sèl. In koupl' la rivé ek son ti loto katsou. Zot y arèt pa anbras azot. Oté, y pans Ti Jak, na d’marmay terla. Fé sa dan out kaz !!! Ou pé inm aou san fèr inn démonstrasyon.

Ti Jak y armont in pé pli o akoz li antand' in ti rwiso koulé pa lwin. Li koné ke terla na d’sevakin'. Mé ésé trap azot !!! In vré fizé sou marin’ sa. A pèn ou la vu inn, k’lé pi la. Omwin, inn soz lé sir, tan k’nora sevakine, nora pwin la polisyon kom dan lé ba.

La polisyon. Sa Ti Jak y inm pa. Lu kompran pa band zadilt. Dan son famiy zot la toujour apri mèt déché dann poubèl !!! Akoz ayèr y fé pa ?

Kan zot y promèn’ aou dan foré, néna sak plastik, kan ousava bor d'la mèr, néna sak plastik, papié gra é tout sak le zonm y pé anmèn'. Y trouv minm de loto kasé ou de réfrijératèr dann ravin’. Sa pa normal sa. Koman ou vé viv dan in ti zil si banna y transform aèl an poubèl ? Aprè zot y di, lé sal terla, alé pa, alé plito koté la. Kontradiksyon, sa minm lo prop de zonm.

 

« Ti Jak, ti Jak, vyin aou té, alon manzé !!! »

Lété son moman té y apèl ali. Zistoman, son vant' té y komans kri famin’.

Lu komans ardsand’ koté landrwa ou nana l’manzé ki atand’ ali, kan lo son la mizik y atir alu. Su la gos navé nèf liséin klété antrinn zoué maloya. In boug navé un roulèr, in ot in kayanm, in ti fiy navé d’triangle é in katrièm té y zoué pikèr. Lézot té y dans'. Sa y mèt lanbians sa, y pans Ti Jak. Lu inm antand la mizik lansinant’. Son métrès la di ali ke dan tan lesklavaz, band zesklav té y zoué maloya tar lo swar pou oubli la fatig de la zourné. Sa y amizé band propriétèr blan. Na minm de zesklav k’lété plis intélijan ankor. Pandan ke domoun y zoué maloya, zot té y fezé de la lit’ an dansan. Y apélé sa lo moring. A lépok lété strikteman interdi. Ou pans minm !!! Aprand a kombat alor ke zot lé ke bann zanimo ? Inimazinab té !!! Akoz sa minm zot y anprofité pou fé ali an dansan. Pli tar la anserv azot pou lité. In dat’ la resté : lo vin désamb.

 

Ariv samb son papa é son moman, ti Jak y asiz. Augustin, Mimoz é Zozé la déja komansé. Oté, in soz lé sir, si Zozé té y aprené otan k’li lété antrinn d’manzé, lé sir, li seré sèrsèr. Mi koné pa koman son lestoma lé fé, mé mi pé dir aou k’na de la plas. Pourtan li lé pa gro. Moman y di klé la krwasans. In vant sur pat’ mi di azot !!!

Dann pla, néna d’ri blan. Y manzeré pir télman lé bon minm sa. Dé zot pla lé pozé akoté, in ek zanbrokal, in ot ek cari sosis. Ah, sosis boukané !! Sa lé bon sa. Moman y mèt lo tan pou fé, mé zot y koné, trwazèr pou fé, trwa minit pou avalé.

Pandan ke nou té y manz, lanbians akoté y mont’. Do moun la rasamblé pou agard band zouèr. Na minm dé trwa moun té y dans. An métropol sa y gingn pa trouvé sa.

Papa ek moman, y anprofit. Zot y rigol byin. Lé rar war azot komsa, réini. Zordi lé inn zourné détant’.

 

Ti Jak y aperswa, o dan lo ciel, in zwazo tou blan ek son long’ plim su lo dérièr. Promié kou dèy li rokoné in payanké. Zot y fé zot ni dan lé falèz sir bor de la loséan. La pa souvan y trouv inn andan la tèr komsa. Na mim défwa y ginll trouv ali dan sirk Salazi, Mafat' ou Silaos. Dan tan lontan li té po vréman pourchasé, mé astèr lu lé protéjé.

Ti Jak y inm pa la chas’. Osi lu lé kontan kan in ti lespès zanimo lé interdi pou trapé.

Lé kom lo tang. Kan mi pans ke domoun y manz alu. Pourtan zot y manz zéskargo é zinsekt. Lé sir ke si zot y anvwa in chyin pou trap ali lé pli fasil. Anfin, la vi lé insi fèt.

Ziska sinkèr de laprémidi nou té y zoué. Tout zafèr y pas’. Nou té y zoué kanèt, kapsil. Ek band nwayo lètsi, nou té y fé toupi. Aprè, nou sa zoué kasièt sou pié de bwa.

 

La journé y pas vitman.

 

Papa maman y apèl anou pou èd’ azot ranj tout’ band zafèr. Sayé. Nou lé pré.

Sakin' y pran ki son tant’ ki son soubik. Nou ardsand pou alé dan lo bis jone.

Arivé a la kaz, sir le kou de sinkèr trant’, le solèy y komans féblir. Li antam son désant' dan loséan pour lésé la plas’ a la line.

 

Sizèr y pèt. Déor na l'gro fénwar. Mé kan mi di lo fénwar, lé vréman lo fénwar. Y vwa pu aryin. An revans si zot y agard dan sièl, la le spektak lé gadianm. Band zétwal y ilumin’ lo sièl. Souvan, lo swar, Mimoz, Zozé, Augustin ansamb mwin té y agard aèl. Kom nou lavé pa la télévizion, nou té imajin’ bokou d’zafèr. Band zonm de lespas’, voyajèr.  Le rèv y fé vivre.

 

« Marmay, marmay, alé couché !!! »  y lans’ moman.

Nout tout’ y lèv ansamb pour alé lo pli vitman posib ambras’ nout paran.

Augustin é Mimoz y sar dan zot samb. Zot dé y chamay in pé épi pu ryin.

Zozé é mwa y fé do minm. Kant nou lé kouché, mi di a Zozé :

« Lété gayar la journé non ? »

Li arpond amwin :

 

« Lé vré. Na lontan mwin la pa amiz amwin komsa ! »

« Pourvu ke dimans prochin nou sa bat karé a nouvo ? Bon’ nwi Zozé ! »

« Bon’ nwi Jak »

 

Gran matin bonèr, sizèr ekzakteman, moman y révey anou. Zot y koné, dépi o mwin sinkèr èl lé lévé pou mèt de lord dan son sévé, ek sanbon dési. Parfin la lé délika.  

Andéor nana la fré. Solèy y armont son né. La fin' zoué kasièt ek la lin'.

Sak nou y inm le matin, sé ri soso. Sa lé bon sa !!!

Nout tout’ y prépar zot soubik. Dé trwa kayé, in lestilo, in kréyon papyé é lo manzé.

Rèzman nout karo y don’ band frwi é légim’.

A sétèr nou sava lékol. An sortan de la kaz, nou lonj in karo d'kan'. Nad dalon y travay ek zot paran pou ginll bonpé larzan. Sa, nout paran y vé pa. Zot la soufèr kan zot lété jèn', osi, zot y vé pa fé roviv anou tousala. Zot y di anou, toulmoun y ginll itiliz zot bra zot jamb pou travayé. Mé si koko lé vid, ou ginllera pa alé pli o. Zot y restera toujour dan karo d'kan'.

 

O lwin, dovan lékol, band’ marmay y chahut’. Na toujour dé group'. Garson din koté, fiy de lot.

Nana d'garson y artrouv azot konmsi navé lontan zot lavé kit azot. Dot y montre zot fors’ pou fé lo fièr. Dot ankor, y sar vwar lé nénèn. Toujour lé minm dan lé jupon.

Ti fiy, kantaèl, y armont son band dantèl zot maman la sèt azot lo samdi. Zot y rakont sak zot la fé sé dé jour pasé. Sertèn la mont lé o pou rafrèchir azot, dot la vi zot zézèr, dot ankor la rest zot lakaz… pou èd zot paran, la majorité dan lo ka.

 

Sétèrtrant’, la kloche y son’. Tout’ band zélèv lé la mé band’ kozman y sès’ nèt. Sèl nou té y antand band martin klé antrin d’chamay azot.

Akoz ? Ou domand aou akoz ? Ma dir aou. Na ka in sèl moman ou le brwi y sès. In boug, san kozé, y ginll kalmé tout’ lékol. Lo Direktèr. Boug la lé respekté sa.

Kan lu koz lu lé ferm.

Nou, nou lé élèv dé zinstititèr, mé band zinstititèr lé élèv du Direktèr.

 

Zordi lu lé la pou vwar si tou lé normal. Li agard anou san kozé, bra krwazé.

Band zélèv y mèt azot an ran par klas’. Linstitèr ou linstititris y vyin sers' anou.

Sakin y rant son klas.

Lo Direktèr, toujour san kozé, la rant dan son buro.

 

La matiné la pasé. A onzèrtrant’, inn bonpé marmay y sar la kantin', in ti pé y sar manz sou le préo sak zot paran la fé é solman dé trwa y sar manz la kaz.

Zozé, Mimoz, Augustin et Ti Jak y sar sou le préo. Zot y sar manz sak zot moman la prépar.

El la mèt dann fèr blan, zambrokal ek do ri. Dépis, su le koté, nana le famé rougay piman. Ici, a la Rénion, band marmay, dépi tou peti, lé abitié.

Mé donnsa a in zorey !!! In sékond pli tar, swa li la tomb rèd, swa li la bu tou létan Sinpol.

Pou le déser, maman la fé in gato patat’. Sa y tyin léstoma, kom èl y di, ziska tar dan’ swar, é sa, midi azot, lé vré.

 

A trézèrtrant’, band kour y arpran ziska sezèrtrant’.

Lé vréman intérésan sak nou fé, mé kan minm, laprémidi la cho y kraz anou. Anpis ke nou té y dijèr. Alor fo pa tro domandé.

Na minm dé trwa, su le kou de katorzèr, nana lo zié y fèrm.

Alor, tanzantan, kan na pa in mousamièl pou distrèr anou, ou vwa in bou d’kré klé an trin d’volé antraver de la klas’. Lo zanfan ki roswa sa y sot sir plas é toulmoun y pèt a rir.

 

Lo swar kan nou té y rant nout lakaz, nou lé fay minm de nout zourné.

 

Somansa, nou lé kontan artrouv anou déor, nou amiz anou ek dalon, nou té y kour partou. Sir lo somin, na in pié de bibas’ dann viraz. Nou anprofite pou pran dé trwa, sak y plé pa lo propiétèr kla mèt su son karo in ti pankart :

 

« Sak do moun y kèy, band plon y sa kéyir osi »

 

Mé toulmoun isi y koné ke lo boug y abit’ terla la pa fizi. Anfin nou fé kan minm atansyon, é, a tour de rol, na inn y sirvey si li sort’ pa.

Rivé nout lakaz, nou tout’ y ambras nout mèr. Answit nou té y sa fèr nout dévwar.

Serz la pokor la. Akoz saminm Marizozi y prépar tout’ pou k’li arpoz ali.

 

Sa minm mon kotidyin, mon vi, é mi inm sa.

Pli tar, kan mi sar èt gran, ma rakont zistwar la a mon band’ zanfan.

Mi espèr ke zot lanfans y sar èt osi zoyèz ke la not.

Nou lé pov', lé vré, mé nou ginll amiz anou èk ryin. Zot y vwa, chakin y envi toujour le boug ke na d’zafèr pli bo pli liksié ke li. Ke zot y swa anba ou an o de léchèl lé parey. Alor, in konsèy, konplik pa ou, rest’ natirel. Mond’ matéryèl lé kinn fasad.

Le plus importan sé sak ou na dan out koko é dan out kèr.

Moukatali

 

Ni artrouv',

Moukatali

PS : ma mèt inn tradiksyon prosinman.

PS :  je mettrai une traduction prochainement.

par Moukatali publié dans : Aktialité la Rényon
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Samedi 8 décembre 2007

Yessssssssssssssss !!!

Enfin la France à sa Miss, Miss Réunion dixit Valérie Bègue... 31 ans qu'on attendait ça !!! Hé bien ça y est !!!

Je dois dire que toutes étaient très belles, mais aussi que chaque année la Réunion approchait du but, mais pas assez.

Cette fois c'est la bonne.

                                                                       Photo Gilles Lhote

Bravo à elle... à 22 ans je suis certain qu'elle représentera bien la France, mais encore mieux la Réunion.

Ce sera peut-être l'évènement qui fera remonter l'économie de notre île.

"Entre le chikungunya, la leptospirose, l’éboulement du littoral et l’éruption du Piton de la Fournaise, l’image de notre île est un peu tristounette depuis quelque temps !".

La Rényon lé la ?????? Bin wi téééééééé.....

Ni artrouv',

Moukatali

 

par Moukatali publié dans : Aktialité la Rényon
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Samedi 8 décembre 2007

Merci a mon tit’ kouzin’, Sofi, (k’lé kalou -> Kalou Sofi) pou sak y swi :

Tu sais que tu viens de la Réunion quand...

... ou koné le goût un bon sorbet tamarin Adelis

... banna y don’ à ou un zasièt cassoulet, ou rod’ le riz en dessous !

... tu ne dis pas 'une poche', mais 'un sachet'

... ou sa prend’ l'avion pou rant la Réunion, ou vois un tralé créoles faire la queue pou enregistre zot bagages et là ou lé content !


... tu dois faire tout un speech en anglais pour expliquer que tu viens de France, mais qu'en fait c'est une île à côté de l'Afrique, entre Maurice et Madagascar, etc, et que là, la personne te regarde et te sort 'Are you joking ?'

... tu as envie de pleurer quand tu regardes Boucan par une webcam sur le net

... tu entends un tout petit peu de créole, tu sursautes et là tout revient

... tu dis que tu viens de la Réunion, les gens te disent : 'Mais euh, tu es né(e) là-bas ? Et tes parents aussi ?... Enfin, c'est bizarre quoi... tu n'es pas noir(e) ?!?'

...ou lé dann bus et que pou arréter ou tape dans la main

... pou ou na point de faute dans la phrase : 'Je vais vitement au supermarché !'

... sur la liste des élèves en début d'année ça te fait tout bizarre de ne pas voir le quota habituel de Hoareau, Payet, Fontaine, Minatchy, etc

... tu dis 'letchi' et pas 'litchi'

... pou ou un grain letchi i serve à faire un toupie avec un bois z'allumette

... ou dit ou la brûle out veste ek un caro et que banna i comprend pas

... un zoreil i dit à ou 'J'habite dans le 23.', et que ou connaît pas quel département i correspond, quelle ville néna là-bas, et que en plus ou conné même pas où sa i lé en France...

on te demande quel est l'hymne de la Réunion... et que tu réponds 'La Marseillaise...'

.. ou lé le(la) seul(e) à dire la 'Métropole' dans une conversation

... pou ou le chaudron ce n'est pas une grosse marmite mais un quartier de Saint-Denis

... pou ou les marsouins et les cigognes, ce ne sont pas ban’ z'animaux mais deux équipes football

... pou ou la Jamaïque ce n'est pas un endroit ousa néna bon peu rastas mais un virage si la 4-voies Gillot ousa i sent mauvais

.. ou lé le seul couillon à appeler out’ ban camarades pou dire 'Té les gars la NEIGE !' et que ou sorte dehors !

... tu prononces le 't' de Payet

... on n'arrête pas de te demander quand est-ce que tu rentres

... tu dis 'Il farine.'

... ou la envie de pleurer ziss parce que ou connaît que ou mangera pas letchi pou Noël !

... la première chose qu'on te demande c'est : 'Tu as eu le chikungunya ?'

... tu rigoles tout(e) seul(e) quand tu arrives a la station Bourg-la-Reine

... un gars te dit : 'Au fait, je connais quelqu'un à la Réunion, il s'appelle Bob. Tu le connais ?' ... calcule nous lé rienk 2 là bas

... tu rigoles en voyant la tête des samoussas vendus à Auchan... i fé pas envie !

... tu dis 'savates' pour parler des 'tongs'

... tu bat’ dans un nafèr et que tu cries instinctivement 'Té langette outte momon !'

... tu dis : 'T'as vu le train là ou quoi ?', et qu'on te répond : 'Mais y'a pas de train !!'

... tu gagnes pu à force d'entendre qu'on parle de 'créoles' que pour les antillais, ou que tu es beaucoup trop blanc(he) pour être originaire des 'îles', tu sors : 'allé tire un feuille don !'

... n'a rien que deux cases dans ces foutus papiers administratifs français pour remplir ton département de naissance

... quand tu dis GSM !

... c'est l'automne et qu'ou néna déjà out’ bonnet et out’ gants alors que tout le monde lé toujours habillé léger !

... tu dis qu'une tantine a refé et qu'on te demande ce qui a été refait, et ce que c'est qu'une 'tantine' !

... tu entends 'Oté ! Le frère comment i lé ?' et que tu es le seul à te retourner à John F. Kennedy Airport

... tu demandes au taximan de t'emmener au gabier le plus proche et qu'il ne te comprend pas

... tu es étonné(e) de ne pas entendre un tralé pétards le soir de Noël ou le nouvel an chinois

... tu connais par cœur au moins un sketch de Thierry Jardinot

... le bruit caractéristique des savates 'deux doigts' te manque

... les gens te prennent pour tout, sauf pour un Réunionnais si tu n'es pas un cafre

... pour toi les grains ce sont des haricots

 

 

 

 

 

Ni artrouv',

 

 

Moukatali

 

 

par Moukatali publié dans : Aktialité la Rényon
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